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Fédération Syndicale Unitaire, première organisation syndicale de la fonction publique d'Etat : éducation, recherche, culture, formation, insertion...
Mis à jour : il y a 47 min 16 sec

La fonction publique : une idée d'avenir

ven, 04/05/2018 - 13:29

Paru dans Libération le 4 mai 2018

Alors que le statut des fonctionnaires est mis à mal par des réformes, présentées comme de simples modernisations, un débat doit s'engager entre agents, usagers, élus, citoyens pour une prise en charge collective et étendue de l'intérêt général.

Privilégiés et trop nombreux, les fonctionnaires ? Dépassé, rigide, inapproprié leur statut ? Ces affirmations, assénées comme des évidences jamais démontrées, visent encore une fois à justifier de prétendues réformes qui, présentées comme de simples modernisations, minent en fait le statut général des fonctionnaires. Elles manifestent une ignorance délibérée de l'histoire, de la réalité et du rôle de la fonction publique dans notre société et esquivent le débat sur leurs enjeux en termes de cohésion sociale, de solidarités, de développement économique, d'effectivité des droits, de développement durable…

Si le choix a été fait d'un statut défini par la loi et non le contrat, c'est fondamentalement que les fonctionnaires ont en charge l'intérêt général lequel ne peut se réduire à une somme d'intérêts particuliers. La fonction publique est une construction rationnelle qui répond aux besoins des services publics et aux principes qui les régissent : l'égalité, la continuité, l'adaptabilité, la laïcité. Elle repose sur un certain nombre de principes liés aux fondements de notre démocratie : le principe d'égalité qui se traduit notamment dans le recrutement par concours, le principe d'indépendance avec la séparation du grade et de l'emploi qui constitue une garantie fondamentale aussi bien pour le fonctionnaire – qui est ainsi protégé des pressions locales ou des tentatives de faire prévaloir des intérêts particuliers – que pour l'usager, pour qui sont ainsi assurées les conditions d'une égalité de traitement et d'une pérennité de l'action publique ; le principe de responsabilité qui rend le fonctionnaire responsable de son action et l'oblige à en rendre compte. Et ce qui est souvent dénoncé comme des privilèges n'est qu'un ensemble de droits mais aussi de contraintes qui s'articulent pour répondre aux besoins des services publics et des usagers.

Nos services publics ont besoin d'agents qui travaillent ensemble avec des droits et des obligations communs, s'articulant avec des règles particulières adaptées à chacun des secteurs d'activité. C'est ce que permet pour les fonctionnaires leur statut : il assure à la fois le respect de principes fondamentaux et la souplesse de fonctionnement et de gestion. Ce statut n'est ni un monument ni une pièce de musée ; il n'a cessé de vivre, d'évoluer, de s'adapter aux besoins de la société et il doit continuer à le faire. Mais ces évolutions doivent prendre appui sur les principes qui le fondent et être démocratiquement débattues avec les agents et les usagers, à l'inverse de ce qui se dessine actuellement.

Nous devons penser l'avenir, faire face aux enjeux du XXIe siècle, ceux d'une prise de conscience accrue d'un destin commun de l'humanité et d'une affirmation nouvelle de valeurs universelles : droits fondamentaux, protection de l'écosystème mondial, accès aux ressources naturelles indispensables, droit au développement, mobilité des personnes, diversité culturelle, égalité femmes-hommes, devoir d'hospitalité, sécurité… Ils nécessitent que tous, fonctionnaires, usagers, élus, citoyens, construisent par le débat une meilleure prise en charge collective d'un intérêt général de plus en plus étendu : c'est précisément ce que permettent les services publics et la fonction publique et ce qui fonde leur modernité et la nécessité de les préserver. Et c'est pourquoi nous sommes aux côtés de celles et ceux qui se mobilisent pour défendre et promouvoir ce projet éminemment moderne et progressiste.

Signataires : Gérard Aschieri, membre CESE ; Jean Auroux, ancien ministre ; Roland Berthilier, président de la MGEN ; Frédéric Boccara, économiste, membre du Cese ; Alain Bonhomme, inspecteur général honoraire des Affaires culturelles ; Françoise Bosman, conservatrice générale honoraire du patrimoine ; Olivier David, président de l'Université de Rennes 2 ; Jérôme Dauvieau, directeur du département sciences sociales de l'ENS ; Jean Paul Delahaye, inspecteur général honoraire de l'Education Nationale ; Jean-Paul Demoule, professeur des universités émérite, ancien président de l'Inrap ; Michel Dubromel, président de France Nature Environnement ; Christian Favier, président du conseil départemental 94 ; Eric Favey, président de la Ligue de l'enseignement ; Charles Fiterman, ancien ministre ; Jacques Fournier, conseiller d'Etat honoraire ; Pascale Gonod, professeur des universités ; Yves Jean, président de l'université de Poitiers ; Marylise Lebranchu, ancienne ministre ; Anicet Le Pors, ancien ministre, conseiller d'Etat honoraire ; Willy Pelletier, coordinateur général de la Fondation Copernic ; Patrick Pelloux, médecin urgentiste, écrivain ; Sophie Pochic, directrice de recherches au CNRS ; Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien directeur de cabinet du ministre de la fonction publique (1986) ; Philippe Rio, maire de Grigny ; Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes ; Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS ; Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l'homme ; Aurélie Trouvé, coprésidente d'Attac.
Un collectif

La FSU appelle le gouvernement à conforter la Fonction publique

jeu, 03/05/2018 - 15:07

Hier s'est tenue la restitution de l'opération « Cap 22 » du gouvernement.

Initialement annoncée comme un temps de débat avec les agent-es et les citoyen-es, au final cette opération aura été marginale et marginalisée par le gouvernement lui-même. Les Forums qui se sont déroulés, tout comme la consultation en ligne, sont restés confidentiels (avec seulement 17000 contributions des usager-es et 155000 visites des agent-es) et les organisations syndicales n'ont pas été associées à ces débats.

Il s'agit donc finalement d'une opération de communication qui vise à légitimer les mesures que le gouvernement s'apprête à prendre pour la Fonction publique.

La FSU regrette vivement ce détournement du nécessaire débat de société sur le rôle que doivent jouer aujourd'hui les services publics dans notre pays.

L'idée d'accompagner « rapidement la baisse des dépenses publiques » prédomine jusqu'ici largement sur les « innovations » visant à améliorer la qualité des services publics et les conditions de travail des agent-es…

Considérant que ceux-ci sont essentiels à la cohésion sociale, qu'ils participent d'une meilleure justice sociale et à davantage d'égalité entre les usager-es mais aussi qu'ils sont un outil pour relever les défis actuels de notre société, la FSU s'oppose vivement à toute réduction des missions et du périmètre de la Fonction publique. Elle appelle maintenant le gouvernement à développer et conforter le modèle social au lieu de le détruire. Tout comme elle l'appelle à ne pas contourner les organisations syndicales mais à les entendre, et à faire vivre un réel dialogue social de qualité dans la Fonction publique.

Et parce que le XXIème siècle passera par la capacité de la Fonction publique à assurer la destinée commune de notre société, la FSU appelle toutes et tous les agent-es de la Fonction publique à se mobiliser le 22 mai prochain pour défendre la Fonction publique et obtenir une meilleure reconnaissance du travail et de l'engagement des agent-es notamment par une amélioration de leur pouvoir d'achat.

Le choix d'école du Ministre de l'éducation nationale

mer, 02/05/2018 - 13:24

Paru sur le blog de la FSU dans Médiapart le 2 mai

A l'heure où le gouvernement réforme tous azimuts le système scolaire français, Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire tient à donner les grandes lignes et les principes qui devraient nous guider dans ces réformes.

Annonces, réformes, mesures déferlent sur l'Éducation : Parcoursup, baccalauréat, orientation, lycée, formation professionnelle, retour aux fondamentaux au primaire, instrumentalisation de certaines sciences pour asseoir des préconisations pédagogiques parfois contraires aux programmes, injonctions, complaisance pour l'école privée, promotion de l'apprentissage pré-bac aux dépens des lycées professionnels… Leur justification serait la nécessité d'améliorer et de moderniser le service public d'éducation, ce qui est un souci permanent de celles et ceux qui le font vivre. En réalité, cela cache mal une remise en en cause des valeurs les plus fondamentales de l'École publique.

Tout d'abord celle de l'égalité. Tout en prétendant viser la réussite de l'ensemble des jeunes, les choix faits consistent à augmenter les outils de sélection, réduire les moyens d'enseignement, dénaturer le caractère national du bac, lier la formation professionnelle aux seuls besoins des entreprises ou limiter l'ambition à la maîtrise des fondamentaux pour une part des élèves… Ils renforcent les inégalités scolaires en maintenant le poids des déterminismes sociaux. Ils limitent l'ambition des parcours scolaires et traduisent un renoncement à une élévation générale du niveau de connaissances et de qualifications. Ils négligent la construction d'une culture commune indispensable à l'émancipation et à l'exercice d'une citoyenneté éclairée. Les dispositifs ciblés en faveur d'un petit nombre d'élèves, issus des milieux populaires, reviennent à abandonner des mesures pour le plus grand nombre qui permettraient de mieux lutter pour l'égalité. De même, l'abaissement de la scolarité obligatoire à trois ans n'entérine que l'existant sans poser la question de l'amélioration des conditions de scolarisation, tout comme le dispositif « parcours sup » ne pose pas celle de la démocratisation de l'enseignement supérieur.

Ensuite celle de la fraternité. L'épanouissement individuel, l'individualisation des parcours, le bien-être de chacun ne peuvent suffire à constituer les finalités de notre système éducatif. Pour contribuer à une société plus juste, plus solidaire, plus fraternelle, l'École doit rester le lieu d'une émancipation collective où la réussite individuelle ne peut se faire aux dépens des enjeux de la culture commune, de la citoyenneté, d'élévation générale des savoirs et qualifications, et rompre avec la sélection et la compétition. Elle doit être un lieu d'accueil, d'ouverture sur le monde et d'apprentissage de la vie en société.

Ensuite encore celle de la liberté. Liberté pour les jeunes de construire leur avenir et de faire des choix débarrassés des déterminismes de toute sorte, à l'inverse du risque d'enfermement et de soumission au court terme que contiennent par exemple les mesures actuelles sur l'orientation.

Liberté pour les personnels d'exercer leurs métiers en toute responsabilité. Tout en proclamant une école de la confiance, le Ministre pèse sur les choix pédagogiques et éducatifs des enseignants et de l'ensemble des personnels par la prescription injonctive. Au prétexte d'une vérité scientifique qui, en réalité, relève de choix particuliers, il renonce au pluralisme de la recherche et contrevient au principe d'une liberté pédagogique qui devrait pouvoir s'exercer dans la seule limite des programmes et des projets d'écoles et d'établissements. Notre démocratie a patiemment construit l'équilibre qui inscrit les finalités du projet scolaire dans la loi mais fonde les organisations pédagogiques et didactiques sur la compétence professionnelle. Décider arbitrairement de la remise en cause de cet équilibre en niant l'expertise professionnelle ne sera pas sans conséquence sur la qualité de l'école. Notre système éducatif, au contraire, aurait besoin pour progresser que soient favorisées l'initiative et la formation initiale et continue des enseignants et des équipes.

Enfin, celle de l'affirmation du service public comme étant le bien commun seul à même de répondre aux ambitions démocratiques de l'école. Car garantir un service public d'éducation est un devoir de l'État fixé par la Constitution. Or certaines réorganisations font et feront la part belle aux initiatives privées dont la finalité économique et sociale est loin de servir l'intérêt général. La multiplication des discours institutionnels favorables aux projets privés est un choix idéologique, exercé aux mépris de l'analyse objective et des valeurs de laïcité indispensables à notre société. Seul le service public peut garantir l'intérêt général. Remettre en cause ce principe constitue un risque majeur.

L'Éducation est un enjeu fort pour l'avenir de notre société. Cela implique une politique déterminée sur des objectifs de réussite pour tous les élèves et un investissement en conséquence pour l'école et l'avenir de la jeunesse.

Bernadette GROISON, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire

Un 1er mai combattif

lun, 30/04/2018 - 11:20

A l'occasion du 1er mai, la FSU réaffirme sa solidarité avec toutes et tous les salarié-es qui dans le monde luttent pour leurs droits et les libertés syndicales.

En France, les questions de garanties collectives des droits, d'égalité entre les femmes et les hommes, d'emploi de qualité pour toutes et tous, d'éducation et de formation, d'égalité et de justice sociale, de libertés syndicales sont également au cœur des préoccupations. La FSU, présente dans toutes les mobilisations organisées sur le territoire, souvent dans un cadre unitaire large, portera ses revendications pour permettre de garantir les droits nécessaires aux salarié-es et d'en conquérir de nouveaux.

Elle rappellera aussi ce 1er mai l'urgence à améliorer les conditions de vie, de salaires et de pensions, de toutes et tous les salarié-es et retraité-es, à lutter contre toutes les formes de précarité et à mettre en œuvre des politiques garantissant un avenir à tous les jeunes.

Les services publics sont essentiels à la cohésion sociale et participent d'une meilleure justice sociale. Ils sont aujourd'hui la cible de la politique libérale du gouvernement. Les mobilisations des cheminots, des retraité-es, des fonctionnaires, mais aussi dans les Ehpad... en témoignent.

La FSU appelle le gouvernement à développer et à conforter le modèle social au lieu de le détruire.

Tout comme elle l'appelle à ne pas contourner les organisations syndicales mais à les entendre réellement, et à faire vivre un réel dialogue social de qualité notamment dans la Fonction publique. Le risque est grand sinon de fragiliser la démocratie.

Et parce que le XXIème siècle passera par la capacité de la Fonction publique à assurer la destinée commune de notre société, la FSU appelle toutes et tous les agent-es de la Fonction publique à se mobiliser le 22 mai prochain pour s'opposer au projet du gouvernement qui vise à affaiblir le dialogue social, remettre en cause le statut, externaliser des missions et pour exiger la reconnaissance de leur travail et une amélioration de leur pouvoir d'achat.