Compte rendu FSA-SA du 2 avril 2026
Compte rendu de la Formation spécialisée du CSA spécial académique
Séance du 2 avril 2026
Ordre du jour : travaux de la FS-SA, emménagement dans le nouveau rectorat (Maison Julie-Victoire Daubié), questions diverses
Lire la déclaration liminaire du SNASUB-FSU
Un emménagement qui révèle des dysfonctionnements structurels
L’installation dans le nouveau rectorat confirme ce que beaucoup pressentaient : un bâtiment pensé sur le papier, mais encore loin de répondre aux réalités du travail quotidien.
Les conditions de travail restent marquées par plusieurs difficultés importantes.
Les espaces ouverts et le partage de bureaux génèrent un niveau sonore élevé. Les circulations, les appels et la proximité des espaces de pause aggravent la situation. Cela a un impact direct sur la concentration et la fatigue, avec des risques psychosociaux identifiés, notamment pour les agents en situation de fragilité ou de handicap.
Les conditions thermiques sont instables. Des écarts importants sont constatés selon les zones, avec des souffleries froides localisées et des surchauffes côté exposé. Les réglages techniques sont encore en cours, faute d’une maîtrise complète du système.
Sur le plan de la sécurité, un exercice d’évacuation a mis en évidence des dysfonctionnements sérieux : engorgement des flux, consignes mal identifiées, comportements hétérogènes. Des exercices structurés doivent être organisés rapidement.
Des conditions matérielles encore dégradées
Les difficultés du quotidien s’accumulent.
Les sanitaires posent des problèmes concrets : signalétique insuffisante, défauts de fermeture, absence d’équipements adaptés, notamment pour les protections périodiques. Des problèmes d’hygiène persistent malgré une montée en charge du prestataire.
Les espaces de pause et de restauration sont sous-dimensionnés et mal équipés. Le matériel est insuffisant, les conditions d’accueil dégradées et les temps d’attente importants. À cela s’ajoutent des consignes locales parfois excessives sur la consommation dans les bureaux, en décalage avec la position plus souple affichée par l’administration.
Des manques persistent également en équipements de base : mobilier, matériel informatique, chauffage.
Restauration : un dispositif transitoire sous tension
Une solution temporaire avec le CROUS doit être mise en place début mai.
Si des améliorations sont annoncées, la capacité d’accueil et l’organisation restent incertaines au regard des effectifs présents.
À plus long terme, un projet de cuisine interne est envisagé, avec une échéance située entre fin 2026 et début 2027. La question du coût pour les agents reste centrale dans un contexte budgétaire contraint.
Une gestion du papier en contradiction avec la réalité des services
Le bâtiment a été conçu dans une logique de dématérialisation rapide qui ne correspond pas à la réalité des services.
Les volumes de dossiers papier restent massifs et leur gestion pose problème. Le stockage en sous-sol, avec un accès contraint, ralentit fortement le travail quotidien et pose des questions de continuité de service.
L’administration reconnaît la nécessité de solutions rapides : équipements de stockage, réorganisation des espaces et amélioration de l’accessibilité des dossiers actifs.
Accès, sécurité et conditions de circulation
Les conditions d’accès au site soulèvent des inquiétudes.
Les cheminements piétons sont jugés dangereux, avec des traversées mal sécurisées. Les difficultés de stationnement persistent, notamment pour les personnels ayant des contraintes particulières.
Des incidents sur les ascenseurs ont été signalés, avec des effets physiques et psychologiques pour les agents concernés.
Plusieurs sujets organisationnels majeurs ont été abordés.
L’interruption des services numériques prévue les 29 et 30 avril a fait l’objet d’échanges nourris. Initialement, l’administration avait annoncé son intention d’imposer deux jours de congés aux agents en raison de l’indisponibilité totale des applicatifs métiers dans le cadre d’une opération nationale de migration informatique.
Le SNASUB-FSU est intervenu en amont pour contester cette modalité, rappelant l’absence de fondement réglementaire à l’imposition de congés dans une telle situation, ainsi que les conséquences pour les agents, notamment en termes d’organisation personnelle et de droits à congés.
À la suite de ces interventions, l’administration est revenue sur sa décision. Les agents ne seront finalement pas contraints de poser des congés. Des organisations internes devront être mises en place afin de permettre la réalisation d’activités ne nécessitant pas l’accès aux applications (donc pas de télétravail possible sur ces deux jours).
Le SNASUB-FSU restera attentif aux conditions concrètes de mise en œuvre dans les services, afin que cette évolution se traduise réellement par le respect des droits des agents.
La mise en œuvre de la protection sociale complémentaire et de la gestion MGEN fait par ailleurs peser une charge de travail importante sur les services administratifs, notamment du fait des opérations de rétroactivité susceptibles d’être traitées sans outils adaptés. Une alerte a été formulée sur ce point.
Le télétravail et les aides aux agents éloignés devront être réexaminés, notamment dans le contexte d’augmentation des coûts de transport.
Des retards persistants sont signalés dans l’aménagement des postes pour les agents en situation de handicap, ce qui n’est pas acceptable au regard des obligations réglementaires.
Intégration ONISEP et personnels GIP : des incertitudes
Le transfert des personnels de l’ONISEP vers le rectorat est confirmé dans son principe, mais reste flou dans ses modalités concrètes.
Aucune visibilité claire n’est encore donnée sur les effectifs concernés, leur positionnement ou les impacts organisationnels.
Les situations liées aux personnels du GIP restent également à stabiliser.
Décisions et suites
Les procès-verbaux précédents ont été validés.
Deux visites ont été actées : une visite de la DSDEN 77 et une visite du nouveau rectorat centrée sur le bâti et les risques psychosociaux.
Le calendrier reste à préciser, avec une articulation nécessaire avec la formation spécialisée académique.
Analyse SNASUB-FSU
Ce point d’étape confirme une réalité assez simple : l’emménagement dans le nouveau bâtiment ne s’accompagne pas encore de conditions de travail satisfaisantes.
Il ne s’agit pas d’ajustements marginaux mais d’une accumulation de dysfonctionnements qui pèsent concrètement sur les agents.
Bruit, températures, accès aux dossiers, restauration, sécurité, équipements : l’ensemble contribue à une dégradation des conditions de travail avec un risque réel sur la santé des personnels.
À cela s’ajoute une pression organisationnelle accrue, notamment liée aux réformes en cours, sans moyens supplémentaires.
Le SNASUB-FSU restera particulièrement vigilant sur la prise en compte des risques psychosociaux, l’amélioration des conditions matérielles, la sécurisation des accès et des évacuations, ainsi que le respect des droits des agents, notamment en matière de handicap et d’organisation du travail.
Déclaration liminaire du SNASUB-FSU
Nous souhaitons en introduction évoquer plusieurs points d’actualité.
S’agissant tout d’abord de l’interruption programmée des services numériques les 29 et 30 avril, nous avons, dans le cadre du CSA académique, alerté sur les modalités initialement envisagées, notamment l’imposition de congés aux agents. Nous prenons acte de la décision de l’administration de revenir sur ce point et de permettre la mise en place d’organisations internes adaptées. Nous serons attentifs aux conditions concrètes de mise en œuvre dans les services.
Par ailleurs, nous nous étonnons que la situation des personnels relevant du rectorat affectés au GIP ne soit pas abordée, alors même que des réorganisations en cours ont des impacts directs sur leurs conditions de travail et leurs affectations.
Dans le même esprit, l’absence de point à l’ordre du jour relatif à l’intégration des personnels de l’ONISEP au sein des services académiques interroge, au regard des conséquences organisationnelles et humaines que cela implique.
Nous souhaitons également qu’un point soit fait sur les difficultés rencontrées dans les services de gestion, notamment en DSDEN et au rectorat, en lien avec la prise en charge des situations relevant de la MGEN, en particulier sur les questions de rétroactivité, dont les effets pèsent directement sur les services et les agents.
S’agissant enfin du nouveau site Daubier, nous souhaitons saluer l’investissement important des équipes et des services dans la conduite de ce déménagement, dont chacun mesure la complexité. Si le bâtiment présente des qualités indéniables, les premières remontées font état de difficultés liées à l’organisation des espaces de travail, notamment en open space.
Par ailleurs, certains éléments restent à ce stade en attente ou insuffisamment aboutis, en particulier les conditions de restauration, qui ne semblent pas aujourd’hui pleinement assurées. Nous interviendrons sur ces questions dans le déroulé de l'ordre du jour.
Enfin, nous regrettons que les organisations syndicales ne disposent toujours pas des badges nécessaires à l’accès au site ni de leurs locaux syndicaux, ce qui complique fortement l’exercice du droit syndical et la représentation des personnels.