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Formation spécialisée académique du 3 novembre 2026 : des avancées à concrétiser pour les conditions de travail

Cette dernière séance du mandat, reportée depuis octobre, a permis de faire avancer plusieurs demandes des représentants des personnels. Elle a aussi montré que les moyens de prévention et les réponses apportées restent insuffisants sur certains sujets.

Lire la déclaration liminaire

Médecine de prévention : même pour la formation spécialisée, il manque des médecins !

Le bilan de la médecine de prévention n'a pas pu être présenté : le médecin chargé de cette présentation était absent et aucun autre n'était disponible pour le remplacer.

Le point a donc été reporté.

L'administration a confirmé les difficultés de recrutement des médecins de prévention. Les données actualisées sur les effectifs disponibles n'ont pas pu être présentées précisément.

Concernant les préconisations médicales, les travaux engagés au niveau académique doivent désormais être déclinés dans les trois départements, notamment pour le premier degré.

Le Val-de-Marne a déjà engagé ce travail. Un groupe de travail est prévu en Seine-et-Marne, tandis que la Seine-Saint-Denis doit également mettre en œuvre les engagements annoncés.

La FSU restera attentive à l'harmonisation des pratiques et à l'application effective des aménagements préconisés pour les personnels.

Collège Évariste-Galois : des travaux qui ne doivent pas se faire au détriment des personnels

La formation spécialisée est revenue sur sa visite du 22 juin 2026 au collège Évariste-Galois, alors en pleine réhabilitation.

Les conditions constatées étaient préoccupantes : 32 °C dans certaines salles, ventilation défaillante, poussières, nuisances sonores et séparation insuffisante entre les zones de chantier et les espaces pédagogiques.

Deux salles avaient fait l'objet d'une demande de fermeture immédiate. Elles ont depuis été rouvertes après des interventions sur les ouvrants et la ventilation.

Les représentants des personnels ont demandé que les travaux soient reconnus comme un chantier en coactivité, avec un plan de prévention prenant en compte la présence des élèves et des personnels.

Les recommandations approuvées portent notamment sur la sécurisation des espaces, la ventilation, la qualité de l'air, l'information régulière des équipes et leur association aux décisions concernant leurs futurs locaux.

Les préconisations relatives au bâti ont été adoptées à l'unanimité. Celles concernant l'organisation du travail et les risques psychosociaux ont également été approuvées.

Le rectorat s'est engagé à relayer ces recommandations auprès des collectivités concernées.

Accidents de service : des chiffres qui doivent servir à prévenir les risques

La présentation des statistiques sur les accidents de service a suscité plusieurs interventions de la FSU.

Premier problème : 311 dossiers, soit 22 % des déclarations présentées pour 2025-2026, n'ont pas encore été traités. L'administration annonce par ailleurs un taux de reconnaissance d'environ 90 %, mais il reste indispensable de connaître le devenir des dossiers en attente.

Nous avons demandé que ces dossiers continuent à être comptabilisés au titre de 2025-2026, même si leur traitement intervient l'année suivante. Les statistiques devront être actualisées et consolidées pour connaître les décisions finalement prises, sans perdre la trace des retards accumulés.

Autre point soulevé par la FSU : les statistiques doivent être rapportées aux effectifs des différents corps. Le nombre d'accidents déclarés ne suffit pas à mesurer l'exposition des personnels.

En rapprochant les données présentées des effectifs figurant dans le rapport social unique (RSU), nos calculs font apparaître des écarts importants : environ 2 % de déclarations d'accidents de service parmi les enseignants, contre près de 6 % chez les adjoints administratifs de catégorie C.

Ces estimations méritent d'être affinées, mais elles montrent tout l'intérêt de disposer de taux par corps, calculés selon une méthode commune.

Pourquoi de tels écarts ? Certains personnels sont-ils davantage exposés à des risques particuliers ? Existe-t-il des situations récurrentes sur lesquelles il serait possible d'agir ?

C'est précisément ce travail d'analyse que nous avons demandé, afin de pouvoir identifier les risques et développer des actions de prévention adaptées.

Nous avons également demandé l'intégration du premier degré aux statistiques académiques, ainsi qu'une meilleure lisibilité des délais de traitement et des motifs de refus.

Un avis a été adopté concernant l'harmonisation des procédures et la motivation des décisions de non-imputabilité.

L'objectif est simple : disposer de données suffisamment précises pour comprendre les accidents de service et, surtout, mieux les prévenir.

Fortes chaleurs : des bâtiments largement exposés, peu de protections

Les premiers résultats de l'enquête académique sur l'exposition des écoles, collèges et lycées aux fortes chaleurs ont été présentés.

Selon les réponses provisoires :

  • Près de 80 % des locaux concernés sont exposés au sud ou au sud-ouest.

  • Près de 80 % des structures déclarent ne pas disposer d'ombrage de façade.

  • Parmi les structures exposées, seulement 20 % déclarent disposer de protections extérieures opérationnelles.

L'enquête, renseignée à environ 75 % au moment de la séance, devait être clôturée quelques jours plus tard.

Ces données doivent permettre d'identifier les établissements les plus exposés et de définir les mesures prioritaires avec les collectivités territoriales.

La FSU a demandé que ce diagnostic débouche sur des actions concrètes, qu'il s'agisse d'équipements, de travaux ou de mesures d'organisation du travail.

Aucun calendrier précis n'a encore été annoncé.

Cyberattaque : rétablir les accès professionnels et le télétravail

L'administration a présenté les conséquences de la cyberattaque détectée fin juillet et les mesures prises pour sécuriser les systèmes informatiques.

Les anciens dispositifs d'accès à distance doivent être remplacés par des clés OTP physiques ou logicielles, avec une double authentification.

La FSU a attiré l'attention sur les difficultés rencontrées par les personnels administratifs des EPLE, notamment les secrétaires généraux et les agents comptables, privés pendant plusieurs semaines de possibilités normales de travail à distance.

Cette situation a perturbé l'organisation du travail et compliqué la continuité de certaines missions.

Nous avons demandé une accélération du déploiement des nouveaux dispositifs et le rétablissement effectif du télétravail, notamment pour les personnels bénéficiant de préconisations médicales.

La question des équipements professionnels a également été soulevée : l'utilisation d'un téléphone personnel ne doit pas être imposée pour accéder aux outils de travail.

Un vœu adopté à l'unanimité demande notamment des procédures harmonisées en cas de blocage informatique, des moyens professionnels d'authentification et un suivi mensuel du déploiement des clés OTP pour les personnels administratifs des EPLE.

Chantiers dans les établissements : associer les personnels dès la préparation

Les échanges sur les travaux engagés par les collectivités territoriales ont prolongé les constats réalisés lors des visites d'établissements.

Une première liste des opérations prévues dans les lycées a été communiquée. Les représentants des personnels demandent une information plus précoce et une meilleure prise en compte des risques liés aux chantiers en site occupé.

La FSU a particulièrement insisté sur la situation des secrétaires généraux d'EPLE, qui doivent être associés en amont aux opérations, sans se voir transférer des responsabilités relevant des collectivités et des entreprises.

Un avis adopté à l'unanimité demande leur association systématique, ainsi que celle des formations spécialisées, et la transmission d'un exemplaire papier du guide académique sur les chantiers en site occupé.

L'administration indique organiser des réunions régulières avec la région et les départements. Reste à s'assurer que cette concertation se traduit concrètement dans les établissements.

Incinérateurs d'Ivry et de Vitry : des questions toujours sans réponse

Les risques sanitaires et environnementaux liés aux installations d'incinération situées à proximité d'établissements scolaires ont également été abordés.

Aucune information nouvelle n'a été apportée concernant le projet de Vitry-sur-Seine.

Pour l'incinérateur d'Ivry, un courrier a été adressé au préfet concernant notamment les dispositifs d'alerte, sans réponse nouvelle présentée lors de la séance.

La question du suivi sanitaire des personnels et des établissements concernés reste donc ouverte.

Un mandat qui s'achève, des dossiers qui restent à suivre

L'administration a présenté un bilan des travaux engagés depuis 2023, notamment le renforcement des équipes de prévention, les visites d'établissements et les groupes de travail.

Plusieurs avancées ont été obtenues au cours du mandat. Mais les difficultés de recrutement en médecine de prévention, les délais de traitement des accidents de service, les risques liés aux travaux et l'exposition aux fortes chaleurs montrent que les besoins restent importants.

Les représentants FSU ont contribué à faire avancer ces dossiers par leurs interventions, leurs propositions et le travail mené dans les instances.

Les avis adoptés et les engagements pris devront désormais trouver une traduction concrète dans les établissements et les services.

Pour la FSU, la prévention doit se mesurer à l'amélioration réelle des conditions de travail des personnels.

 

 

 

 

Déclaration liminaire de la FSU

 

Monsieur le Recteur, Président du CHSCTA, Monsieur le Secrétaire Général, M. le Directeur des Ressources Humaines, Mesdames et Messieurs membres du CHSCTA, notre instance se tient pour la dernière fois de notre mandature alors qu’un mouvement de contestation lycéen et enseignant s’amplifient depuis plus d’un mois.

Les revendications portées par les lycéens ne peuvent surprendre personne. Elles sont nées des conditions dégradées que nous dénonçons et rejoignent les préconisations formulées ici durant toute la mandature.

En effet, depuis des années, la FSU alerte sur la dégradation des conditions de travail et sur les attaques répétées contre le service public d’éducation. Années après années, c’est la capacité de l’école à assurer ses missions qui est fragilisée : moins de moyens pour accueillir, accompagner et former les élèves. Classes surchargées, personnels en nombre insuffisant, locaux dégradés, le budget 2027 marque une nouvelle fois le désengagement de l'État cumulé dans notre région avec la baisse des dotations aux lycées publics ( baisse de dotation pour les lycées publics , 37 euros par élève en moins depuis 4 ans ). Les personnels se mobilisent au côté des lycéen.e.s pour obtenir ce qui leur est dû : des conditions d’exercices et d’apprentissage décentes pour tous les établissements , notamment les plus défavorisés, parfois sortis des réseaux d’éducation prioritaire . La FSU condamne fermement la réponse du gouvernement à la colère sociale par la répression et les violences policières qui touchent les lycéen.e.s et parfois les personnels des établissements concernés. Elle appelle les personnels à se mettre massivement en grève le jeudi 5 novembre. 

 

Cette dernière réunion de l’instance est aussi le moment de dresser un bilan de son travail. Après des premières années de mandat difficiles, émaillées de crises sur le fonctionnement de l’instance, nous nous réjouissons de la mise en place d’un dialogue beaucoup plus constructif qui a abouti notamment à clarifier les conditions l’intervention de la FS dans les cas de danger grave et imminent et à la réalisation d’une première enquête pour accident de service l’an dernier. Le récent GT sur les préconisations médicales confirme cette évolution positive. 

Nous voyons également avec satisfaction le service SST de l’académie gagner en effectif avec le recrutement d’un CP adjoint, signe d’une volonté réelle de développer une culture de prévention des risques encore insuffisamment acquise notamment par un grand nombre des chefs d’établissements et de service. Ces renforts ne sont pas superflus pour faire face aux trop nombreuses situations de souffrance au travail dans l’académie.

 

Malheureusement, les conditions de travail dans notre académie ne se sont pas améliorées. 

Le dérèglement climatique a accru de manière insupportable la pénibilité du travail dans les locaux déjà dégradés de nos EPLE. Système de ventilation défaillant, ouvrants coincés, bitume omniprésent… Autant de facteurs qui ne peuvent conduire qu’à la fermeture de ces espaces impropres à l’occupation lorsque les températures extérieures dépassent les 35°. 

Concrètement, des personnels du service public ont signalé à leur administration leur détresse dans des salles, des services surchauffés et des installations sportives exposées, à bricoler, au sens propre comme au sens figuré, pour aménager leurs espaces de travail et les espaces d’accueil des élèves : ici avec une couverture de survie, là avec du scotch, ou avec du matériel personnel (brumisateurs, ventilateurs...) ou prêté par des parents d'élèves.

Des témoignages ont afflué, thermomètres à l’appui, pour dénoncer des températures dans les unités de travail systématiquement supérieures à 30 degrés, atteignant jusqu'à 36 ou 37°C.  Les malaises de personnels et d'élèves se sont multipliés, avec, parfois, l’appel au SAMU, aux pompiers, les services d’urgences comme destination ; enfin combien de cas d’élèves saignant du nez ou se plaignant de ne plus arriver à se concentrer et à travailler ? 

Sous prétexte que chaque EPLE est différent, vous nous avez expliqué ne pas vouloir prendre une décision uniforme de suspension des cours. Cela n’était pas acceptable. Alors que le rectorat renvoyait à la maison ses agents, les personnels des établissements restaient dans leurs salles, bureau, orientés plein sud à travailler.  Pourtant aucun établissement n’a trouvé des espaces frais en nombre suffisant pour que les enseignements puissent se passer dans des conditions supportables pour la majorité des personnels.

Plutôt que de renvoyer au local, il faut tirer les conséquences des conditions climatiques sur la base des niveaux d’alerte orange et rouge de météo-France.

Il est significatif que le mouvement lycéen éclate après une fin d’année scolaire aussi éprouvante et que l’une des premières revendications entendues concernait la température dans la salle. Il y a urgence à rénover, et à rénover intelligemment. 

Le vieillissement des bâtiments, le retard pris dans les rénovations et les constructions, donnent également à la question de l'exposition des personnels à l'amiante une nouvelle urgence. L'absence des DTA dans de nombreux établissements et écoles, les erreurs et les lacunes constatées dans plusieurs cas, doivent alarmer l'employeur qui ne peut rester passif face à cette question. L’employeur est responsable devant la loi et doit exiger des résultats des collectivités territoriales plutôt que d’avancer que les locaux ne sont pas de son ressort. Ainsi l’absence de DTA, des travaux effectués au mépris des règles de sécurité, une qualité de l’air dégradée (particules fines, amiante, microorganismes pathogènes) engage la responsabilité de l’employeur qui doit mettre un point d’honneur à nous protéger face aux errances des propriétaires des locaux. 

C’est là le point noir des dernières mandatures : la faiblesse de notre employeur face à des collectivités territoriales qui se pensent seules légitimes en matière de locaux scolaires. Constatons au demeurant que cette division de façade disparaît quand la région IDF prend des décisions sur les manuels scolaires ou le matériel informatique, qui relèvent du pédagogique. Assurément, elle n’a plus lieu d’être en matière de santé et sécurité au travail où l’Education nationale se doit de garantir la sécurité de ses personnels. Or notre instance doit être consultée sur les modifications des conditions de travail introduites par les chantiers de rénovation complet ou partiels. Ici le bilan est sans appel : A ce jour aucun plan de prévention de chantier en co-activité, aucun plan de futurs bâtiments scolaires n’a été soumis à cette instance.

La rentrée a été également marquée par des difficultés, certaines nouvelles quoique prévisibles. La sécurisation informatique des fichiers de l’Education nationale laissait à désirer depuis longtemps. Contrairement à la communication du Ministère, les problèmes informatiques ont fortement impacté la rentrée dans l’Académie.

Dans le 1er degré, cela continue d’avoir des conséquences sur les RPS que vivent les collègues, particulièrement les directions d’école, qui sont parfois empêchées d’exercer leurs missions. 

Les difficultés informatiques pénalisent les personnels administratifs des EPLE, notamment les agents comptables, contraints à des déplacements inutiles faute de clés OTP. La cybersécurité ne doit pas non plus servir à justifier le retard du télétravail en EPLE, toujours attendu plus de trois ans après l'accord ministériel de juin 2023.

Ces difficultés génèrent de multiples RPS, RPS déjà accrus par ailleurs par l’augmentation continue de la charge de travail, flagrante, au moins depuis le passage aux 2h supplémentaires imposables, dans le 2nd degré. Quant au 1er degré, les manquements liés à l’école inclusive deviennent des causes systémiques de RPS. 

Enfin, de trop nombreux postes sont restés non pourvus en septembre dans le 1er et 2nde degré. 

Malgré la réforme du CRPE et les lauréats plus nombreux.ses, trop d’élèves n’ont pas d’enseignant.es. Les compléments de temps partiels n’ont pas suivi. Nous regrettons le refus du Rectorat de ne pas recruter dans la liste complémentaire qui a pourtant pu être constituée, une première depuis 10 ans. Le choix du recours à des contractuel.les (par ailleurs souvent les mêmes personnes qui sont sur la liste complémentaire !) renforce ainsi la précarisation de ces personnel.les !

Que dire de l’annonce du ministre de mobiliser des TZR en attente d’affectation, sans tenir compte de la matière enseignée, sans tenir compte de la demande des EPLE ? Nous préférons y voir le dernier effet de manche d’un ministère aux abois qu’une nouvelle conception du métier où ce que l’on enseigne n’aurait qu’une importance secondaire mais qui aurait le mérite de rendre tous les enseignants interchangeables. Néanmoins une telle mesure a apporté un surcroît de désorganisation et de pénibilité pour tous les personnels dans une académie qui n’avait pas besoin de cela. 

Nous terminerons cette déclaration par le souhait que notre instance qui sera renouvelée en décembre ne se limite pas à être la chambre des déplorations des maux de l’académie. Elle doit pouvoir jouer son rôle d’analyse et de proposition afin d’améliorer réellement les conditions de travail. C’est l’esprit qui nous animera encore une fois pendant cette dernière réunion régulière.  Nous vous remercions de votre attention.