Face à la multiplication des blocages et aux situations de tension devant plusieurs lycées de l’académie, le SNASUB-FSU Créteil avait saisi le secrétaire général de l’académie sur les inquiétudes exprimées par de nombreux collègues, notamment les personnels administratifs.
Notre demande était claire : les personnels ne doivent pas avoir à se mettre en danger pour rejoindre leur poste et doivent savoir quelle conduite tenir lorsque l’accès à leur établissement n’est plus sécurisé.
Le secrétaire général nous a répondu que, lorsqu’un accès sécurisé n’est pas possible, les agents doivent contacter leur chef d’établissement, qui est lui-même en lien avec la DSDEN afin de déterminer la conduite à tenir. Dans les situations où les conditions de sécurité ne permettent plus l’accueil, la décision de suspendre les enseignements et de passer l'établissement en distanciel est prise en concertation entre l’équipe de direction, la DSDEN, le cabinet du recteur et la préfecture.
Une visio flash avec les représentants au CSA académique à ensuite été organisée avec le recteur, le secrétaire général et Fatima Marzouk, nouvelle directrice de cabinet.
Le SNASUB-FSU a porté la situation particulière des personnels administratifs
Nous avons notamment alerté l’administration sur plusieurs difficultés qui nous remontent des établissements :
- lorsque les AED ne peuvent pas accéder au lycée, les personnels administratifs et les personnels de direction peuvent se retrouver à assurer des missions qui ne sont pas les leurs, au détriment de leurs propres missions ; plusieurs agences comptables nous ont notamment alertés sur cette situation ;
- certains collègues effectuent des trajets très importants et peuvent parcourir jusqu’à deux heures pour découvrir, une fois arrivés, que l’établissement n'est finalement pas accessible ;
- pour les personnels administratifs, le travail à distance se heurte encore à des obstacles très concrets, notamment l’absence de généralisation des clés OTP. Nous avons demandé que les lycées et les personnels concernés soient prioritaires pour disposer des outils leur permettant de poursuivre leurs missions à distance lorsque cela est possible dans le contexte actuel ;
- une attention particulière doit être portée aux personnels logés sur place qui peuvent se retrouver directement exposés à proximité des établissements.
L'administration a rappelé une consigne importante : les personnels ne doivent pas s’exposer. Les chefs d’établissement doivent eux-mêmes veiller à ne pas exposer leurs équipes et à ne pas se mettre en danger.
Des dispositifs d’accompagnement et d’écoute sont également mobilisés pour les personnels ayant vécu des événements potentiellement traumatiques. Des interventions sur site ont déjà été organisées dans certains établissements.
Une situation exceptionnelle et très évolutive
Le rectorat a décrit un mouvement particulièrement rapide et changeant : les établissements concernés ne sont pas nécessairement les mêmes d’un jour à l’autre et certaines situations ont été marquées par des dégradations, des tentatives d’intrusion et des violences ayant touché des personnels.
L’objectif affiché par l’administration reste de maintenir l’accueil et l'enseignement en présentiel chaque fois que les conditions de sécurité le permettent. Le passage en distanciel doit rester exceptionnel et être décidé lorsque la sécurité des personnes ou le fonctionnement de l’établissement ne peuvent plus être assurés.
Les organisations syndicales ont également rappelé que les revendications exprimées par les lycéennes et lycéens ne peuvent être réduites aux violences qui accompagnent certains blocages. Effectifs dans les classes, personnels manquants, état du bâti scolaire, conditions d’études et avenir après le baccalauréat : nombre de ces sujets rejoignent ceux que nous portons depuis des années dans les instances.
Le recteur a lui-même reconnu que plusieurs de ces difficultés sont bien réelles dans notre académie et a insisté, en conclusion, sur la nécessité d’une véritable écoute et d'une démocratie scolaire permettant aux représentants des élèves d'être réellement entendus.
Pour le SNASUB-FSU Créteil, une priorité immédiate demeure : aucun collègue ne doit prendre de risque pour rejoindre ou exercer sur son lieu de travail. En cas de situation dangereuse ou d’accès non sécurisé, contactez votre chef d’établissement et n’hésitez pas à nous saisir également.
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