Collège Politzer de La Courneuve :
La DSDEN s’enfonce dans le mépris d’une enseignante victime de harcèlement et de menaces de mort.
Lors d’une audience ce 14 avril à 18h avec la DSDEN afin de revenir sur les nombreux dysfonctionnements constatés dans ses services liés à la situation extrêmement préoccupante de notre collègue victime de harcèlement téléphonique depuis juin 2025 (4458 appels anonymes), d’usurpation de son identité et de menaces de mort en lien avec sa fonction. La hiérarchie refuse une nouvelle fois de considérer la parole d’une victime et méprise la mobilisation de l’ensemble des personnels du collège Georges Politzer de La Courneuve.
La DSDEN n’a en effet apporté aucune réponse à nos demandes et questions :
- Comment se fait-il qu'entre le 9 décembre – date de la première plainte déposée par notre collègue – et le 18 mars, la collègue n’ait reçu aucune réponse de ces services, pas même un coup de téléphone ?
- Pourquoi le dépôt d’une demande de protection fonctionnelle le 9 février n’a-t-il pas été considéré comme une preuve suffisante d’une imputabilité du harcèlement aux fonctions professionnelles de la collègue ?
- Comment expliquer qu’il faille attendre un mouvement de grève massif de solidarité des personnels du collège avec notre collègue, relayé par des medias, pour qu’enfin, ces services la contactent et débutent une prise en charge de la situation ?
Nous ne sommes pas dupes : la situation s’est résorbée parce que nous avons été lanceuses et lanceurs d’alerte par une grève massive le 17 mars appuyée de relais médiatiques.
Les réponses données par la DSDEN nous scandalisent. En prétendant que seuls des éléments communiqués le 17 mars - notamment le nom de l’élève finalement suspectée par la collègue - auraient permis de faire avancer l’enquête, la DSDEN laisse entendre par là une responsabilité de notre collègue qui aurait tardé à les transmettre. Selon la DSDEN c’est donc aux victimes d’enquêter et d’apporter les preuves de leur préjudice ! Ce serait uniquement par délation des élèves que la DSDEN serait en capacité garantir la sécurité des personnels.
Que dire enfin des propos de nos interlocuteurs sur le fait que le risque terroriste a tout de suite fait l’objet d’une attention particulière avant d’être écarté : est-ce à dire que pour la DSDEN il y aurait de bonnes ou de mauvaises victimes ? Des menaces de mort sérieuses et d’autres qui ne méritent pas d’être considérées ?
Nous rappelons que la majorité des faits de violences graves dans les établissements scolaires ces derniers mois est due à des élèves en situation de souffrance psychique, et non à des risques terroristes, sans que des moyens supplémentaires aient été affectés à la santé mentale des élèves (pôles médico-sociaux, médecine scolaire, PSY-EN, pédopsychiatrie…). Ainsi, l’élève auteure était connue comme ayant de graves fragilités, et le manque d’outils de suivi, chronique dans notre département, n’a pas permis un accompagnement en amont, et jette le doute sur celui qui sera mis par la suite.
Face à ces réponses révoltantes, les personnels maintiennent leurs revendications :
- Des excuses de la DSDEN auprès de notre collègue et de l’ensemble des personnels de notre établissement pour sa gestion calamiteuse de l'affaire et son absence de soutien ;
- Le non-retrait de la journée de grève du 17 mars, à laquelle les personnels ont été contraints en tant que lanceurs et lanceuses d’alerte ;
- Des engagements concrets pour qu’une telle situation ne se reproduise pas et que les personnels bénéficient d’un réel soutien de la hiérarchie.
- Des moyens adaptés pour le suivi et l’accompagnement psychologique de l’ensemble des élèves.
Les personnels mobilisés du collège Politzer (La Courneuve) soutenus par les sections locales FSU et CFDT.